Coup d’oeil sur le monde pénitentiaire belge avec la RTBF
Dans ce service d’aide aux auteurs d’infractions pénales, le CPP ne fait pas l’unanimité. Surtout, selon la directrice, s’il s’agit d’un congé pénitentiaire prolongé pour une durée d’un mois renouvelable dans le temps.
Coup d’oeil sur le monde pénitentiaire belge avec la RTBF Surpopulation carcérale : les congés pénitentiaires prolongés sont-ils la solution ? https://t.co/Wi3Qs9wTS9
— framafad paca corse (@WaechterJp) February 18, 2025
Trouver un emploi un mois sur deux, ce n’est pas réaliste
"Il y a cette incertitude", commence Clothilde Bodson, directrice du SLAJ-V, Service laïc d’aide aux justiciables et aux victimes. "On sort pour un mois puis on revient en prison sans savoir dans quelle cellule on va être ou avec qui. Trouver un emploi un mois sur deux, ce n’est pas réaliste. Se projeter dans un processus de réhabilitation, c’est compliqué quand on est dans cette incertitude-là."
S’il n’y a ni l’encadrement ni le mental, tu retombes direct dans le bain
Junior est, comme Mehdi, un détenu en CPP. Il considère que l’expérience comporte un risque de renouer avec ses démons. "C’est bien le CPP, oui. Mais il faut fermer sa bouche, prendre sur soi. Ce n’est pas facile pour tout le monde. S’il n’y a ni l’encadrement ni le mental, tu retombes direct dans le bain."
Niveau taux de récidive pendant les CPP, il n’y a pas de chiffres. Mais pour Olivia Nederlandt, professeure et juriste spécialisée en droit pénal et pénitentiaire, il vaudrait mieux privilégier autre chose pour faire de la place dans les prisons. C’est ce qu’elle a défendu lorsqu’elle est venue donner son avis en commission justice du parlement fédéral.
Des systèmes de libération anticipée
"Ce que je défends et je ne suis pas la seule, c’est d’aller vers des systèmes de libération anticipée après un tiers de la peine où la situation pour les personnes est très claire : ils ont fait une partie en prison, ils sortent avec des conditions à respecter et surtout, un statut de citoyen libre et non pas de détenu."
Le congé pénitentiaire prolongé est donc une mesure controversée qui, a elle seule, ne fait pas baisser la pression sur les prisons. Depuis sa mise en œuvre, la surpopulation carcérale a encore augmenté de 2%. Le dernier rapport du SPF Justice pour l’année 2023 faisait état de 11.486 détenus par jour alors qu’il n’y a que 10.195 places.