Faire face à l'incarcération ?
Parloirs et courriers, à quel rythme ?
Et les enfants ?
Et si j'ai des inquiétudes, des questions ?
Et la sortie de prison ?
Des livrets pour vous aider à parler de l'incarcération avec vos enfants
Faire face à l’incarcération
L’incarcération d’un proche est un événement difficile et douloureux qui crée une séparation, un risque de rupture dans les relations familiales ou amicales.
L’incarcération constitue souvent un choc pour l’entourage familial et c’est un sujet sur lequel il n’est pas toujours facile de se confier à cause de la honte, de la crainte des réactions, de la culpabilité ressentie.
Si vous souhaitez en parler, il est important de choisir un interlocuteur de confiance parmi vos proches ou au sein des associations.
Parfois certains, trop blessés par l’incarcération ou par les faits à l’origine de l’incarcération, décident de ne pas maintenir les relations.
Cette décision, toujours difficile à prendre, appartient à chacun et est à respecter.
Parloirs et courriers à quel rythme ?
Vous avez décidé de maintenir des relations pendant l'incarcération. Quelle que soit la durée de la peine, les contacts avec l'extérieur permettent à la personne détenue de se sentir exister et de se projeter dans l'avenir.
Le temps à l'intérieur ne s'écoule pas de la même manière qu'à l'extérieur. Il est fait d'attente et la monotonie n'est souvent rompue que par le courrier ou le parloir alors qu'à l'extérieur, la vie continue avec ses exigences, ses soucis : travail, vie familiale auxquels se rajoutent les conséquences de l'incarcération du proche.
Si vous avez pris la décision de maintenir des relations pendant l'incarcération, il paraît important dans la mesure du possible de faire preuve de régularité dans la correspondance et de prévenir lorsque vous avez un empêchement pour venir au parloir.
En effet, l'absence et le silence risquent de créer inquiétude et déception.
Faire face à l’incarcération d’un proche est souvent douloureux. Les difficultés de dire la vérité à l’enfant sont souvent le reflet de ses propres difficultés à faire face à l’événement.
En tenant l’enfant à l’écart, on espère l’épargner et on espère aussi s’épargner ses questions, ses souffrances.
Et les enfants ?
Faut-il parler de l’incarcération aux enfants ?
Les enfants, dès leur plus jeune âge, ont souvent une grande intuition pour percevoir les événements qu'on souhaiterait leur cacher. Même quand ils ne disent rien et ne posent pas de questions, ils savent inconsciemment qu'il se passe quelque chose d'important.
L'enfant a besoin de savoir pourquoi son parent n'est plus là, pourquoi il ne rentre plus le soir, pourquoi il ne peut pas lui téléphoner, le voir ... Le silence autour de l'événement le prive de toute possibilité de parler de ses inquiétudes et d'évoquer son parent absent. Il peut l'imaginer mort ou croire qu'il l'a abandonné. Aussi vaut-il mieux qu'il l'apprenne par une personne proche en qui il a confiance et qui saura trouver le moment et les mots adaptés, plutôt que par une rumeur.
On peut dire à l'enfant que la personne a fait quelque chose qui est interdit et que la justice a pris la décision de le mettre en prison. Et on lui expliquera comment cela se passe, en fonction de son âge et de ses questions, quand elles viendront.
L'UFRAMA édite des livrets pour vous aider à parler de l'incarcération avec vos enfants…
Faut-il emmener les enfants au parloir ?
Les textes juridiques permettent aux enfants de rendre visite à un proche incarcéré. L'autorisation de visite doit toutefois être donnée par le magistrat compétent ou, si la personne détenue est condamnée, le chef d'établissement. Un mineur doit toujours être accompagné d'un majeur titulaire d'un permis de visite.
Sauf dans le cas spécifique d'un enfant de plus de 16 ans rendant visite seul à son parent détenu si chacun des titulaires de l'autorité parentale en est d'accord. Cette exception ne vaut qu'en parloirs sous surveillance directe.
Certains enfants vont demander très spontanément à rendre visite.
D'autres, parce qu'ils sont touchés personnellement par les actes à l'origine de l'incarcération ou pour d'autres raisons, ne le souhaiteront pas.
Il est important de prendre en compte leur avis et autant que possible de le respecter.
Plus le rythme des visites et leurs conditions tiendront compte des besoins de l'enfant, de ses désirs ou de ses réticences, plus les parloirs se passeront bien et pourront être des moments importants pour l'enfant.
Ecrire, faire parvenir un dessin, échanger au téléphone sont aussi de bons moyens pour l'enfant de rester en contact.
Et les enfants ?
Si vous le souhaitez, vous pouvez être conseillé par des spécialistes de la petite enfance ou de l'enfance dans des structures proches de votre domicile (PMI, consultations diverses).
Se renseigner auprès de la maison d'accueil des familles ou de la mairie.
Existe-t-il des organismes ou des associations qui peuvent assurer l’accompagnement des enfants au parloir ?
Et les enfants ?
Si vous ne pouvez pas ou ne souhaitez pas emmener vous-même votre enfant au parloir
Certaines associations de maison d'accueil de familles de personnes détenues assurent l'accompagnement des enfants au parloir.
D'autres associations interviennent pour assurer l'accompagnement des enfants vers des établissements éloignés de votre domicile telles que l'association Relais Enfants Parents ou Enjeux d'Enfants ....
Vous pouvez vous renseigner auprès du CPIP qui intervient auprès de l'établissement, ou vous adresser à l'association qui assure l'accueil des familles.
Parler, sortir de la solitude, permettent d’y voir plus clair, d’assumer les chocs de l’existence, et d’envisager l’avenir.
Si j'ai des inquiétudes, des questions ...
Sachez que vous pouvez vous adresser aux accueillants des associations d’accueil des familles.
Ils sont là pour vous accueillir et vous écouter avec bienveillance.
Peut-être également pourront-ils vous orienter, si nécessaire, vers une personne qualifiée ou un organisme susceptible de vous accompagner dans vos difficultés.
Toutes vos questions sont légitimes et il n'existe pas de réponse unique.
Mais c'est peut-être en parlant avec différentes personnes que vous trouverez vos propres réponses.
Et la sortie de prison ?
La sortie de prison est bien sûr attendue par la personne détenue et par les proches, conjoint, enfants, parents, qui ont vécu les différentes étapes depuis l'entrée en détention en passant par le jugement.
Malgré tout, ce moment de la sortie peut soulever des inquiétudes concernant la réinsertion professionnelle, mais aussi la reprise de la vie de couple et la place dans la famille.
Chacun a appris à faire face dans le quotidien à l'absence et les retrouvailles peuvent être craintes de part et d'autre.
Il va falloir du temps pour que la personne sortie de détention se sente à l'aise et reprenne une place. Il faut aussi du temps pour que l'entourage qui a dû vivre sans lui ou sans elle lui redonne sa place.
Reconnaître ses appréhensions, en parler peut permettre de trouver ensemble des solutions et de se sentir moins seul(e) face à ses inquiétudes.
Des livrets pour vous aider à parler de….
L'incarcération constitue souvent un choc. Il n'est pas facile d'en parler en famille, à cause de la gêne que chacun peut ressentir.
Nous proposons 4 histoires pour vous aider à trouver vos propres mots pour échanger avec vos enfants. Les enfants ont besoin de comprendre ce qui se passe quand ils ne voient plus un de leurs proches parce qu'il est incarcéré. Ne pas parler, ne pas répondre à leurs questions les prive de toute possibilité d'exprimer leurs inquiétudes et d'évoquer leur parent absent. Ils peuvent le croire mort, penser qu'il les a abandonnés ou qu'il ne les aime plus. N'hésitez donc pas à parler aux enfants de ce qui se passe.
Soyez attentifs aux réactions de vos enfants pendant la lecture, à leurs commentaires, aux questions qu'ils posent et aux manifestations d'inquiétude, d'anxiété ou de tristesse que vous pouvez repérer.
Ce sera l'occasion pour eux d'exprimer ce qu'ils ressentent et de se sentir soutenus par vous. Ils pourront ainsi faire face plus facilement à cette situation et surmonter leurs difficultés.
ACCÉDEZ À LA PAGE DE L’UFRAMA PRÉSENTANT LES QUATRE OUVRAGES POUR ENFANTS