JAILCAR, une application pour faciliter le déplacement des familles

Un « BlaBlaCar » des prisons pour vaincre l’éloignement entre les familles et les détenus en deux article de presse qui en font une présentation succinte.

Mise en place au début du mois d’avril, l’application Jailcar répond à une problématique récurrente dans l’univers carcéral. Rendre visite à un proche emprisonné s’apparente souvent à un « parcours du combattant », d’après Philippe Uzureau, président de l’Union nationale des fédérations régionales des associations de maisons d’accueil de familles et proches de personnes détenues (Uframa). Son site sur un simple clic



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Il crée une appli « comme Blablacar » pour aider les proches de détenus à se rendre en prison

L'application Jailcar est en ligne depuis le lundi 8 avril 2024. Accessible dans toute la France, elle a été imaginée par un Havrais souhaitant aider les proches de détenus.


L’application Jailcar est en ligne depuis le lundi 8 avril 2024. Accessible dans toute la France, elle a été imaginée par un Havrais souhaitant rendre service aux proches et aux familles de détenus.(©Niare Dioulde)

Une application de covoiturage pour les familles et les proches de personnes détenues en prison. Un concept simple, pourtant personne n’avait auparavant pensé à le décliner.

Il a fallu près d’un an à Niare Dioulde, un habitant du Havre (Seine-Maritime) de 37 ans, pour créer, avec l’aide d’un développeur, l’application mobile Jailcar.

Une application de covoiturage dédiée l’entourage de détenus

En ligne depuis le lundi 8 avril 2024, elle est accessible dans toute la France. « Ce projet me tenait à cœur depuis des années », raconte cet ancien cariste salarié d’une grande entreprise de logistique, qui a « tout lâché » pour s’y consacrer.

« Malheureusement, plus jeune, j’ai été incarcéré, témoigne-t-il, 15 ans après. J’ai pu constater le problème d’accessibilité. Les centres pénitentiaires sont loin des villes. Si on n’a pas de véhicule ou d’amis qui peuvent nous amener, c’est vraiment difficile de s’y rendre. »

Sans parler des personnes incarcérées à longue distance. « Un parcours du combattant pour les familles », résume celui qui a passé son enfance à Caucriauville.

Dire que les détenus risquent l’isolement peut prêter à sourire, et pourtant. Les familles aussi peuvent en souffrir. « Malheureusement, si les familles ont du mal à rendre visite à leur proche incarcéré, cela peut aussi nuire à la réinsertion », insiste le chef d’entreprise.

Éviter l’isolement des proches et des détenus

Sans cela, le détenu n’a de contact qu’avec d’autres détenus et des surveillants. « Le fait que la famille reste proche crée un lien, et ce lien est très important », poursuit le trentenaire, incarcéré à l’époque pour une courte peine.

« Ça m’a servi de leçon », concède celui qui s’est retrouvé sous les verrous pour des faits de petite délinquance. « C’est un engrenage entre jeunes. C’est de l’incivilité à répétition, en fin de compte, qui m’a mené, plus jeune, à faire quelques conneries. »

Il n’a jamais récidivé. « La chose qui m’a fait changer du tout au tout, c’est quand j’ai vu les larmes de ma mère au parloir, se remémore-t-il. C’est à cet instant que j’ai décidé de faire autre chose de ma vie, de me concentrer sur le fait d’être quelqu’un de bien, de devenir une bonne personne. En fin de compte, la prison m’a fait ouvrir les yeux sur le mal qu’on pouvait causer aux autres. »

« Comme Blablacar »


Concernant le fonctionnement de l’application, concrètement « c’est comme Blablacar », illustre celui qui en a eu l’idée. Un conducteur propose un trajet qu’il effectue régulièrement à une heure prédéfinie et définit lui-même son prix. Un passager s’inscrit sur l’application et rentre en contact avec la personne qui fait le même trajet que lui.

Le départ peut être d’une ville, et un lieu de rendez-vous est alors fixé, ou du centre pénitentiaire directement. À chaque trajet, Niare Dioulde prend une commission fixe de 2 euros, sans autre frais.

S’il a investi toutes ses économies dans sa société et reste seul à sa tête, Niare Dioulde a pu s’appuyer sur l’association havraise Game Of Works, qui soutient les entrepreneurs comme lui. « Je n’avais pas de structure qui pouvait m’apporter un support pour avancer ou m’aider dans les démarches, souligne-t-il. Eux m’ont aidé avec les mots, le suivi, la motivation. »

Une application exclusivement mobile

L’application est déjà disponible sur mobile. Le lien de téléchargement se trouve sur le site Internet de Jailcar. « Passer par les grosses plateformes représentait un trop gros budget au début », indique Niare Dioulde.

L’application est amenée à être encore améliorée. « J’ai plein d’idées pour la suite, travailler avec des associations d’insertion, par exemple, pour aider des familles à participer à des événements et à toutes sortes de choses qui tournent autour du monde carcéral », ajoute l’entrepreneur. 

« Je veux vraiment apporter de l’humanité et pouvoir aider les familles », conclut-il.

actu.fr

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« Certaines familles font 300 km pourvoir un proche »

NORMANDIE. Lancée récemment par un Havrais, l'appli Jailcar revendique déjà 1 500 inscriptions. Son but : permettre aux proches de détenus de faire du covoiturage vers les centres pénitentiaires


L'idée

Diouldé Niaré a eu deux déclics. La tristesse dans les yeux de sa mère, la première fois qu'elle est venue le voir au parloir. Et les difficultés qu'il a endurées plus tard pour visiter un proche en prison. L'un a poussé le Havrais à « changer [sa] vie, à être quelqu'un de bien », l'autre a fait germer une idée : créer une application de covoiturage dédiée spécifiquement aux trajets en direction des centres pénitentiaires.


250 conducteurs inscrits

Un projet mûri pendant plus de dix ans. « J'y croyais vraiment parce que je savais qu'il y avait un manque, explique-t-il. Chaque année, je regardais si ce système avait été mis en place et non, rien. Je n'en revenais pas. Et chaque année, je me disais que j'allais le faire. Après le Covid et un long moment de réflexion. Diouldé Niaré se lance. Il lâche son CDI dans la logistique début 2023. Seize mois plus tard, le 8 avril, Jailcar est lancée.


Disponible depuis un site internet, l'application comptabilise déjà 1 500 inscriptions selon son créateur. « Il y a 250 conducteurs à travers toute la France. En moyenne, vingt à trente trajets sont réalisés quotidiennement », chiffre-t-il. La moitié de l'activité de l'application se concentre dans le sud de la France. En Normandie, des voyages partagés vers les centres du Havre, Rouen, Val-de-Reuil (Seine-Maritime) et Caen (Calvados) sont proposés.


Un lancement encourageant, qui reflète les besoins en la matière. « Les parloirs sont primordiaux pour les détenus, témoigne l'entrepreneur de 37 ans qui a lui-même été incarcéré pour une courte peine alors qu'il avait une vingtaine d'années. C'est le seul lien avec l'extérieur. C'est là qu'on se rend compte qu'on n'est pas seul, qu'on a une famille, des proches derrière nous. Ça apporte du soutien et du réconfort. Et pour l'entourage aussi, c'est capital. »


« Partager les coûts »

Or, les centres pénitentiaires se trouvent généralement loin des agglomérations et restent difficilement accessibles en transports en commun. « Certaines familles doivent parcourir 300 km pour visiter un proche, explique Diouldé Niaré. Beaucoup me parlent des frais que cela représente. Entre le voyage et la restauration sur place ça peut atteindre les 200 E par visite. Le covoiturage permet au moins de partager les coûts. »


Alors, le trentenaire s'investit corps et âme. « J'essaye d'être présent sur les réseaux sociaux pour promouvoir l'application. Mais les familles manquent cruellement d'informations. Elles me questionnent sur les parloirs, les procédures pénales ou plus largement le système judiciaire. J'essaie de leur répondre au mieux, de les guider vers des organismes qui peuvent les aider. Mais tel que je le vois, il y a un manque à ce niveau-là.


Prochaines étapes pour Diouldé Niaré pérenniser Jailcar et trouver des investisseurs pour la perfectionner.

Élise DA SILVA GRIEL

OUEST-FRANCE - le 11 juillet 2024

La présentation dans le Bondy blog en novembre 2024 de Diouldé NIARE à l’origine de JAILCAR

Diouldé Niaré, un entrepreneur de 38 ans originaire du Havre, a créé l'application de covoiturage "Jailcar" pour faciliter les visites aux détenus. Ancien détenu lui-même, Niaré a conçu cette application après avoir pris conscience des difficultés rencontrées par les familles pour rendre visite à leurs proches incarcérés[1][3].


Lancée en avril 2024, Jailcar fonctionne comme Blablacar, permettant aux conducteurs de proposer des trajets vers les prisons à des prix qu'ils définissent[4]. L'application a rapidement connu le succès, comptant déjà 1 500 inscriptions peu après son lancement[2].


Niaré souligne l'importance des visites pour la réinsertion des détenus et vise à réduire l'isolement tant des prisonniers que de leurs familles[5]. Au-delà du covoiturage, l'application favorise la création de liens sociaux entre les familles de détenus[8].


L'entrepreneur, qui a investi ses propres économies dans le projet, a bénéficié du soutien de l'association havraise Game Of Works[6]. Il envisage de développer davantage l'application, notamment en collaborant avec des associations d’insertion[7].

Bondy Blog - le 28 novembre 2024

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