Le député (L’Après) a fait jouer son droit de visite parlementaire ce vendredi 7 mars à l’établissement pénitentiaire pour mineurs de la Valentine.
Hendrik Davi visite la prison pour mineurs
— framafad paca corse (@WaechterJp) March 10, 2025
Le député (L’Après) a fait jouer son droit de visite parlementaire ce vendredi 7 mars à l’établissement pénitentiaire pour mineurs de la Valentine. @lamarsweb pic.twitter.com/Sp777gaFHm
• Mireille Roubaud
Bonjour, c’est Hendrik Davi, député…» Après le centre de rétention administrative du Canet ou les Baumettes, le député (L’Après) de la 5e circonscription des Bouches-du-Rhône a décidé ce matin-là de visiter l’établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de la Valentine (11e). L’élu veut se rendre compte des conditions de détention de ceux qu’il considère avant tout comme « des enfants ».
Passée la surprise, la direction ouvre enfin ses portes. Inauguré en 2007, l’EPM compte 51 mineurs hébergés sur 59 places, que des garçons, dont le plus jeune a 14 ans, les filles étant dans une unité réservée aux Baumettes, indique sa responsable, Marjorie Mouren. Soit une quinzaine de jeunes détenus de plus depuis son arrivée en poste, il y a un an et demi. « Il n’y a pas de sureffectif, mais on s’approche du plafond », convient-elle. On retrouve là des mineurs de la région, mais aussi de Lyon ou de Paris, recrutés par les réseaux de narcotrafiquants. Ils sont sous mandat de dépôt ou condamnés à des peines plus ou moins longues, mais pour tous, c’est un premier enfermement, précise-t-elle.
Pour les encadrer, il faut composer avec les arrêts maladies et le manque de postes pourvus. Sur les 54 personnels de surveillance, « hier, 23 seulement étaient disponibles », répond-elle au député qui lui pose la question des moyens. Des gamins « amochés par la vie », apprend Hendrik Davi à l’unité sanitaire. certains souffrent de pathologies comme le diabète, d’autres sont dépendants « au tabac, au cannabis, à l’alcool» et beaucoup ont consommé du protoxyde d’azote ou des médicaments. « La place des enfants est normalement à l’école. De combien d’heures bénéficient-ils? Ont-ils accès à des activités physiques? », questionne l’élu.
« Ce qui me rend bien, c’est l’école »
Les équipes de l’Éducation nationale et de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) travaillent à leur enseignement et leur réinsertion en fonction des niveaux, d’allophone à la terminale, à raison de 12 à 15 heures de cours par semaine et 4 à 6 de sport. Centres éducatifs fermés, renforcés, foyers… Les lieux de placements, saturés, ne permettant pas de répondre aux besoins de gamins multirécidivistes, de plus en plus violents et atteints de troubles mentaux, ne leur facilitent pas la tâche.
Vient le moment de les rencontrer. « Vous êtes président? Ah, député? Je ne sais pas, ça veut dire quoi », lui lance un minot. Plus loin, Kevin* ouvre volontiers la porte de sa cellule. « J’ai 16ans, cela fait 11 mois que je suis là, je suis en mandat de dépôt criminel », résume-t-il. « La journée, je fais un peu rien, ce qui me rend bien, c’est l’école. À 14 ans, j’étais déscolarisé. Ici, les profs ,ils s’adaptent à notre niveau, c’est pas comme dehors. J’aimerais travailler dans l’aide», livre-t-il à l’élu attentif. Après plus de deux heures de visite, Hendrik Davi ressortira convaincu « qu’il faut mettre le paquet sur l’éducatif» et promet de se battre contre la proposition de loi Attal, en pleine navette parlementaire, qui vise à durcir la justice pour les mineurs.
Mireille Roubaud
*Les prénoms ont été changés
La Marseillaise - le 8 mars 2025