Alors que toutes les prisons d’Occitanie souffrent de surpopulation, des personnes censées être incarcérées à Perpignan ont été déplacées à la prison de Béziers, déjà surpeuplée. L'Ufap dénonce cette gestion en « vases communicants » et appelle l’administration à réagir.
Transfert de détenus : à Béziers la coupe est pleine
— framafad paca corse (@WaechterJp) March 29, 2025
Des personnes censées être incarcérées à Perpignan ont été déplacées à la prison de Béziers, déjà surpeuplée. L'Ufap dénonce cette gestion en « vases communicants » et appelle l’administration à réagir. @lamarsweb pic.twitter.com/NPzbkCpexo
Notre région est la plus touchée de France métropolitaine en termes de surpopulation carcérale, avec près de 1 000 matelas au sol... À Perpignan, la situation est telle qu'ils ne peuvent même plus poser un matelas au sol. C'est pour ça qu’ils ont mis en place ce qu’on appelle le "stop écrou": « des détenus qui devraient être incarcérés là-bas sont transférés vers d'autres établissements », explique David Parmentier, secrétaire de l'Ufap du centre pénitentiaire de Béziers. En une semaine, du 17 au 24 mars, l'établissement biterrois a ainsi hérité d'une vingtaine de détenus en provenance de Perpignan.
« Comment accueillir des détenus d’autres départements alors que nos deux bâtiments « maison d’arrêt affichent déjà 187% de taux d'occupation et plus de 150 matelas au sol ?», interroge le représentant de l'Ufap, qui dénonce ce « fumeux » principe des vases communicants : lorsqu'un établissement débonde, on en remplit un autre et ainsi de suite ».
« On va arriver à un point de rupture »
Avec les répercussions qu’on imagine sur les conditions de détention et de travail des agents pénitentiaires. «En plus, de nombreuses personnes sont écrouées pour des affaires de stupéfiants.
Quand elles rentrent en prison, elles continuent leur trafic. Comme on touche des Catalans en ce moment, les Biterrois ne veulent pas se faire prendre le marché, si bien que depuis maintenant quelques mois, on a des bagarres en promenade à coups de couteau en céramique... C'est une histoire de territoires, comme à l'extérieur », rapporte David Parmentier.
Le secrétaire de l'Ufap alerte sur « une équation explosive» : « On a de plus en plus de détenus avec de moins en moins de surveillants. À un moment, on va arriver à un point de rupture. À Béziers par exemple, il manquerait 30 personnels de surveillance sur l'organigramme. Et au niveau régional, ce sont quasiment 900 postes qui manquent », illustre le syndicaliste, qui appelle l'administration à réagir : « On a un certain nombre de détenus qui n'ont pas de liens familiaux particuliers, pas de parloirs : ils pourraient très bien être dirigés vers d’autres régions comme le Grand Est, où il n'y a quasiment pas de surpopulation », suggère David Parmentier. « Notre centre pénitentiaire ne sera pas la variable d'ajustement d'une pénitentiaire à l'agonie. »
A.G.
La Marseillaise Languedoc - 28 mars 2025