"Sous Écrous" : le film qui explore le milieu carcéral par le rire

Les spectateurs ont découvert hier le film adapté de la websérie lancée en 2019. Réalisé par Hakim Bougheraba, avec ses frères Ichem et Redouane à l’affiche, il retrace le parcours d’un étudiant incarcéré à tort, entre comédie et action.


• Victor TILLET

Un an après Les Segpa au ski, qui a rassemblé plus d’1,3 million de spectateurs, les Bougheraba sont de retour au cinéma. Et une nouvelle fois, les Marseillais portent sur grand écran une autre de leur websé-rie à succès : Sous Écrous, qui cumule plus de 150 millions de vues sur Youtube, depuis sa création en 2019 par Ichem Bougheraba. Avec son ami Arrilès Amrani, le benjamin de la fratrie forme le duo principal de cet univers. Tandis que la réalisation est une nouvelle fois signée Hakim.

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Jalonné de l’humour signature mêlant absurde et punchlines appuyées, Sous Écrous marque une évolution : la comédie s’associe au film d’action pour raconter les péripéties de Sammy. Un étudiant et livreur de pizzas emprisonné à la place d’un malfaiteur célèbre, qui va tout faire pour retrouver sa liberté et son identité aux yeux de la justice. Tourné à Marseille et autour de l’étang de Berre, le long-métrage, qui a été présenté hier en avant-première dans trois salles phocéennes et à Vitrolles, sortira le mercredi 18 décembre. À cette occasion, Ichem Bougheraba et Arrilès Amrani se sont confiés sur ce projet attendu des fans.

Avec cette adaptation, l’enjeu était-il de parler aux fans de la websérie comme au grand public ?

Ichem Bougheraba : Oui c’était important de ne pas léser les fans qui nous ont connus sur internet. Pour autant, on peut regarder le film sans avoir vu la websérie. J’ai adoré jouer Sammy et Eddy, qui sont très différents car l’un est étudiant et l’autre expert en braquages et explosifs. Ils se ressemblent physiquement, mais ce n’était pas simple de passer de l’un à l’autre dans une même journée car j’avais des postures à tenir. Notamment pour Eddy qui a les cheveux tirés en arrière, et je portais une prothèse sur la mâchoire et des lentilles.

Arrilès Amrani : Concernant mon personnage, Nada, c’est exactement le même, un détenu qui a une plus grande expérience de la prison. Mais ce qui est intéressant, c’est de voir le rapport de force s’inverser et qu’il peut prendre le dessus sur Sammy, en comprenant qu’il n’est pas le malfaiteur tant redouté.


Les fans de "Sous Écrous" seront heureux de retrouver Redouane dans son rôle d’avocat…

I.C. : C’était obligatoire, c’est son rôle depuis le début de la web-série, il a toujours été là !

A.A. : Ce tournage était familial, avec une très bonne ambiance. On s’est bien amusés et ça va se ressentir à l’écran. Avec Ichem, on a aussi eu quinze jours de préparation très intense pour les cascades, car on les a quasiment toutes faites nous-mêmes. I.C. : On a notamment grimpé sur un immeuble et assuré toutes les scènes de baston, en étant aidés par une cascadeuse qui avait travaillé sur Black Widow et Fast and Furious.

Les scènes de prison ont été tournées à Provence Studios, à Martigues. Arrilès, votre passé carcéral a-t-il compté pour recréer cette ambiance ?

A.A. : J’ai vécu trente-trois mois en prison, donc j’ai apporté des détails, oui. Quand on regarde la serviette entre les deux lits superposés par exemple, c’est pour avoir un peu d’intimité vis-à-vis de son codétenu. On peut citer aussi la boîte aux lettres : tu prends un paquet de pâtes, tu le coupes en deux, tu mets de la colle et tu le fixes sur la porte. Et quand le surveillant ouvre, il dépose ton courrier dedans et non au sol.

Les personnes incarcérées sont-elles vos premiers juges ?

I.C. : Ce n’est pas la cible prioritaire du film mais oui, ça rend les choses plus crédibles si quelqu’un qui a connu la prison retrouve ces détails réels. Contrairement à nos comédies précédentes, là on s’adresse plus aux 18-25 ans.

Notamment car vous abordez cet univers difficile par le rire, ce qui est très rare…

I.C. : Il n’y avait jamais eu de série de ce genre, et on voulait montrer que la prison n’est pas uniquement quelque chose de morose, même si ça peut être très dur.

A.A. : On voulait montrer dans le film que certains travaillent pendant leur détention, moi par exemple je servais les plats le soir. Tu peux aller à l’école, passer un diplôme et des étapes pour te préparer à la réinsertion. Pour autant, on ne conseille à personne le projet d’aller en prison.

Le film dépasse la comédie avec de nombreuses scènes d’action, notamment l’explosion sur le Vieux-Port à Marseille. Ce fut un défi logistique ?

I.C. : Oui, car il a fallu bloquer le Vieux-Port pendant trois jours en avril dernier pour cette scène, où il y a aussi des tirs. Demander l’autorisation pour tirer à blanc à Marseille ? C’est fou oui, mais pour le cinéma il le faut : imaginez une dame qui promène son chien dans les parages et voit quelqu’un tirer, elle est à Marseille et ne se dit pas que c’est un film. Il fallait prévenir la préfecture de police et tous les voisins pour éviter que le commissariat soit appelé de tous les côtés, on n’avait que 30-40 minutes d’accordées. Aller plus loin que des gags en mettant des scènes d’action spectaculaires, c’est un gros kiff pour nous. On a un film plus complet, ça s’est retranscrit dans le budget et à l’écriture, c’était plus ambitieux.

En parlant de police, Bernard Farcy, commissaire emblématique de "Taxi", incarne cette fois un avocat véreux. C’était important pour vous, Ichem, qui l’avez connu sur "Taxi 5" ?

I.C. : J’avais eu une scène avec lui et il s’en est rappelé direct ! On est des grands fans de Taxi et le fait qu’il vienne sur notre projet, je suis super content. Ça aurait été trop flagrant de le mettre en policier, c’est pourquoi on a préféré jouer le contre-pied avec ce rôle qu’il a aimé, et qui marche bien avec son ton un peu sarcastique. C’est quelqu’un de très bienveillant.

A.A. : Je l’ai croisé quand j’étais petit, sur le tournage du premier Taxi. C’était sur le boulevard Michelet, juste à côté d’où j’habite, et je lui avais demandé comment on faisait pour être acteur. Et là, je me retrouve avec lui sur grand écran…

Avec ce film, c’est la fin de "Sous Écrous" ?

I.C. : Si c’est un gros succès, j’aimerais bien qu’on en reste là, même si on ne sait jamais. Pour 2025, on prépare un autre film. On ne peut rien lâcher mais ce serait un registre un peu plus sérieux. On va aller le chercher ce César ! On y va doucement, on supprime quelques vannes à chaque fois en chemin, mais on va l’attraper. C’est la première fois que je lâche ça.

"Sous Écrous", sortie nationale le mercredi 18 décembre.

LA PROVENCE  - le 14 décembre 2024

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