Jeudi 6 mars, jour J pour la désignation de la prison de haute sécurité pour narcotrafiquants

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé la création d'une prison de haute sécurité destinée aux narcotrafiquants les plus dangereux. Cette initiative s'inspire du modèle anti-mafia italien et vise à isoler ces détenus pour empêcher la poursuite de leurs activités criminelles depuis leur cellule.


Choix de l'Établissement

Quatre établissements pénitentiaires sont en lice pour accueillir cette nouvelle prison de haute sécurité :

- Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais)

- Maison centrale de Saint-Maur (Indre)

- Centre pénitentiaire d’Alençon-Condé-sur-Sarthe (Sarthe)

- Maison centrale d’Arles (Bouches-du-Rhône)


Objectifs et Mesures

- Isolement Maximal Les détenus seront soumis à un isolement strict, avec des restrictions sur les communications et les contacts avec l'extérieur.

- Sécurité Renforcée  Des travaux technologiques seront réalisés pour empêcher les communications externes. Les parloirs seront équipés d'hygiaphones, et les détenus seront fouillés après chaque contact physique non surveillé.

- Formation et Recrutement Les agents pénitentiaires recevront une formation spécifique, et des recrutements supplémentaires seront effectués.

- Capacité et Extension La prison accueillera initialement 100 narcotrafiquants, avec une extension prévue pour 600 à 700 détenus d'ici 2027.


Critiques et Controverses

- Observatoire International des Prisons L'organisation critique les mesures, les jugeant attentatoires aux droits humains et libertés fondamentales.

- Syndicat de la Magistrature Le syndicat déplore l'absence de consultation préalable et refuse de participer à une réunion avec Darmanin.


Justification

Le ministre justifie ces mesures par la nécessité de lutter contre le trafic de drogue et de prévenir la gestion des affaires criminelles depuis les prisons. Le cas de Mohamed Amra, impliqué dans une évasion sanglante, est souvent cité pour illustrer la nécessité de ce nouveau régime carcéral.


Annonce

Gérald Darmanin annoncera le choix final de l'établissement lors du journal télévisé de 20 heures sur France 2.


Ces articles mettent en lumière les tensions entre la nécessité perçue de renforcer la sécurité carcérale et les préoccupations concernant les droits humains et les libertés fondamentales des détenus.


Prison pour trafiquants de drogue : Darmanin annonce quel centre il a choisi pour accueillir les plus dangereux

Les centres pénitentiaires de Vendin-le-Vieil, d’Alençon-Condé-sur-Sarthe et les maisons centrales de Saint-Maur et d’Arles sont les établissements évoqués par le ministre.


Par Jade Toussay

JUSTICE - La Sarthe, le Pas-de-Calais, l’Indre ou les Bouches-du-Rhône ? Le Garde des Sceaux Gérald Darmanin va dévoiler ce jeudi 6 mars le lieu de la première « prison de haute sécurité destinée aux narcotrafiquants », un nouveau régime carcéral d’isolement inspiré du modèle anti-mafia italien. Il ne s’agira pas d’une nouvelle structure mais d’un réaménagement profond d’une déjà existante.

Gérald Darmanin veut plus des places en prison pour les courtes peines, ces spécialistes préféreraient « d’autres moyens »

Quatre prisons sont en lice : Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), la maison centrale de Saint-Maur (Indre), le centre pénitentiaire d’Alençon-Condé-sur-Sarthe (Sarthe) et la maison centrale d’Arles (Bouches-du-Rhône). Gérald Darmanin entend y placer d’ici au 31 juillet, les 100 narcotrafiquants les plus dangereux avant d’élargir le dispositif avec « 4 à 5 » établissements du même type d’ici à 2027 pour les « 600 à 700 » détenus au profil similaire déjà identifiés, indiquait-il le 20 février.

Le narcotrafiquant Mohamed Amra, actuellement détenu à Condé-sur-Sarthe, pourrait faire figure de profil-type. Après son évasion sanglante qui a coûté la vie à deux agents pénitentiaires en mai 2024, son cas a plusieurs fois été évoqué par le ministre de la Justice pour justifier la création de ce nouveau régime carcéral. Depuis son arrivée en France, le trentenaire a été placé dans un isolement « total », avec impossibilité de croiser un autre détenu et avec un accès au téléphone fixe restreint et sur écoute. Comme un avant-goût de ce que le Garde des Sceaux entend déployer à plus large échelle.

Limiter les contacts, avec l’extérieur comme à l’intérieur

Quand il était encore à l’Intérieur, Gérald Darmanin avait fait de la lutte contre le trafic de drogue sa priorité. Et s’était indigné, à plusieurs reprises, que les narcotrafiquants incarcérés continuent à gérer leur business depuis leur cellule. Désormais en charge des prisons de France, il entend bien l’empêcher. Dans cette prison « haute sécurité », l’accent est donc mis sur l’isolement maximal et l’inviolabilité de la structure.

Ainsi, pendant « un mois, un mois et demi », des « travaux technologiques » seront menés sur la prison choisie « pour ne pas qu’on communique vers l’extérieur », a annoncé Gérald Darmanin le 28 février en visitant la maison centrale de Saint-Maur. La visioconférence sera généralisée « afin d’éviter les sorties, sauf avis contraire exprimé par le magistrat », les ailes de détention seront limitées à cinq détenus « afin de limiter au maximum les contacts lors des promenades » et de nouveaux équipements médicaux seront installés « pour éviter les extractions médicales. »

Les contacts avec les familles seront aussi drastiquement restreints, avec la suppression des unités de vie familiale qui permettent des rencontres plus longues et plus intimes que le parloir. Idem pour l’accès au téléphone, limité à « trois fois deux heures par semaine », précisait le Garde des Sceaux dans Le Figaro. « Tous les mouvements seront contrôlés par plusieurs agents simultanément afin d’éviter les risques de corruption », détaillait encore Gérald Darmanin.

Les narcotrafiquants mais pas seulement

En parallèle, les détenus seront systématiquement et intégralement fouillés après tout contact physique avec une personne extérieure sans surveillance d’un agent pénitentiaire et les parloirs seront tous équipés d’hygiaphone - un système de séparation vitré qui permet de discuter et d’échanger des objets.

Ces dernières dispositions figurent dans un amendement du gouvernement à la proposition de loi sur la lutte contre le narcotrafic qui vient d’être déposé à l’Assemblée après avoir été votée au Sénat. Le texte précise aussi le profil des personnes susceptibles d’être concernées. Car si Gérald Darmanin insiste sur les narcotrafiquants, l’amendement élargit son champ d’application « sur décision du garde des sceaux, ministre de la justice, être affectées au sein de quartiers de lutte contre la criminalité organisée » pour une durée de quatre ans, renouvelable. Pourraient donc aussi être concernées les personnes accusées de crime et délit de traite d’êtres humains, de proxénétisme, de terrorisme ou encore de destruction, dégradation et détérioration d’un bien commis en bande organisée, pour n’en citer que quelques-uns.

Des « mesures attentatoires aux droits humains »

De quoi provoquer une alerte forte de l’Observatoire international des prisons. Dans un rapport publié le 4 mars, l’instance déplore qu’avec cet amendement, « c’est tout le champ de la criminalité organisée et certains crimes sériels qui est susceptible d’être concerné (...) sans compter que le champ d’application risque toujours d’être étendu au fil du temps ». Même inquiétude sur l’attribution de la décision au seul Garde des Sceaux qui « présente un risque évident d’arbitraire », ainsi que sur les restrictions téléphoniques et les unités de vie familiale, des « mesures attentatoires aux droits humains et libertés fondamentales ». Plus largement, le principe d’isolement renouvelable est dénoncé dans son ensemble, alors qu’il est « strictement encadré et déconseillé sur le long terme par le Comité européen pour la prévention de la torture du Conseil de l’Europe (CPT) », souligne le rapport.

Interrogé sur ces critiques dans Le Figaro, Gérald Darmanin avait balayé : « Ces principes italiens ont été validés par l’Europe, dans la mesure où leur régime ne concerne qu’une minorité infime de la population pénale », a répliqué le ministre. Qui ajoute : « Ce qui est contraire aux libertés individuelles, c’est la mort et la terreur dans nos quartiers, dans nos villages ».

Le HuffPost - le 6 mars 2025

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Gérald Darmanin annonce ce jeudi son choix pour la prison ultra-sécurisée

Quatre établissements sont en lice pour accueillir les 100 narcotrafiquants les plus dangereux de France dès cet été.


Le ministre de la Justice Gérald Darmanin annoncera ce soir quelle prison accueillera d’ici à fin juillet les cent narcotrafiquants les plus dangereux, auxquels il veut appliquer un nouveau régime carcéral d’isolement extrêmement strict. Le garde des Sceaux dévoilera son choix pour cette future prison de haute sécurité spécialisée au journal télévisé de 20 heures de France 2, une annonce décalée de 24 heures en raison de l’allocution du président Emmanuel Macron mercredi soir sur la situation internationale.

Quatre prisons sont en lice : Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), la maison centrale de Saint-Maur (Indre), le centre pénitentiaire d'Alençon-Condé-sur-Sarthe (Sarthe) et la maison centrale d’Arles (Bouches-du-Rhône). Gérald Darmanin a visité les quatre établissements ces dernières semaines.

Travaux, formations et recrutements

Lors de sa dernière visite, vendredi à Saint-Maur, il a présenté un calendrier prévisionnel d’ici à son ouverture prévue le 31 juillet : « Un mois, un mois et demi de travaux, notamment de travaux technologiques pour ne pas qu’on communique vers l’extérieur, d’y revoir les services informatiques et l’intégralité du site.» Cette période devra être utilisée pour « former les agents, faire les recrutements qu’il faut», renforcer les hôpitaux, « la police et la gendarmerie», mais aussi « le tribunal et la cour d’appel» de la zone concernée. L’arrivée des prisonniers est prévue « entre mai et juin, pour que le 31juillet, de façon définitive (...) les 100 premiers narcotrafiquants» soient accueillis.

Le cas de Mohamed Amra, dont l’évasion sanglante a coûté la vie à deux agents pénitentiaires en mai 2024, a plusieurs fois été invoqué par Gérald Darmanin pour justifier la création de cette prison fondée sur un nouveau régime carcéral d'isolement inspiré de la lutte anti-mafia en Italie. Dans un amendement à la proposition de loi sur la lutte contre le narcotrafic, le gouvernement propose des mesures telles que des fouilles intégrales après tout contact avec l’extérieur, des parloirs équipés d’hygiaphone ou un accès limité au téléphone. Les détenus pourraient y être affectés sur décision du garde des Sceaux pour une durée de quatre ans renouvelable.

Ces dispositions ont été dénoncées par l’Observatoire international des prisons, qui les juge « attentatoires aux droits fondamentaux».

AFP

La Marseillaise, le 6 mars 2025

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La "narcoprison" à Arles ? Darmanin répond ce soir

Gérald Darmanin annonce jeudi 6 mars à 20h quel établissement pénintentiaire a été choisi pour accueillir, d'ici à fin juillet, les 100 narcotrafiquants les plus dangereux.


Le ministre de la Justice Gérald Darmanin annoncera ce soir quelle prison accueillera d’ici à fin juillet les cent narcotrafiquants les plus dangereux, auxquels il veut appliquer un nouveau régime carcéral d’isolement extrêmement strict. Le garde des Sceaux dévoilera son choix pour cette future prison de haute sécurité spécialisée au journal télévisé de 20h de France 2, une annonce décalée de 24 heures en raison de l’allocution télévisée d’Emmanuel Macron sur la situation internationale. Quatre prisons sont en lice : la maison centrale d’Arles (Bouches-du-Rhône), Vendinle-Vieil (Pas-de-Calais), la maison centrale de Saint-Maur (Indre), et le centre pénitentiaire d’Alençon-Condé-sur-Sarthe (Sarthe).

Gérald Darmanin a visité les quatre établissements ces dernières semaines. Lors de sa dernière visite vendredi, à la maison centrale de Saint-Maur (Indre), il a présenté un calendrier prévisionnel d’ici à son ouverture prévue le 31 juillet : "un mois, un mois et demi de travaux, notamment de travaux technologiques pour ne pas qu’on communique vers l’extérieur, d’y revoir les services informatiques, et l’intégralité du site".

Mohamed Amra, qui était l'homme le plus recherché de France et a été arrêté en Roumanie, a été incarcéré dans le centre déjà ultra-sécurisé d'Alençon-Condé-sur-Sarthe

Un nouveau régime carcéral d'isolement

Cette période devra être utilisée pour "former les agents, faire les recrutements qu’il faut", renforcer les hôpitaux, "la police et la gendarmerie", mais aussi "le tribunal et la cour d’appel" de la zone concernée. "Puis, l’arrivée des prisonniers" est prévue "entre mai et juin, pour que le 31 juillet, de façon définitive (…) les 100 premiers narcotrafiquants" soient accueillis. En attendant, le narcotrafiquant Mohamed Amra, qui était l’homme le plus recherché de France et a été arrêté en Roumanie, a été incarcéré dans le centre déjà ultra-sécurisé d'Alençon-Condé-sur-Sarthe après sa remise à la France. Son cas, après son évasion sanglante qui a coûté la vie à deux agents pénitentiaires en mai 2024, a plusieurs fois été invoqué par le garde des Sceaux pour justifier la création d’une nouvelle prison destinée aux trafiquants de stupéfiants et fondée sur un nouveau régime carcéral d’isolement inspiré de la lutte anti-mafia en Italie.

Dans un amendement à la proposition de loi sur la lutte contre le narcotrafic qui vient d’être déposé, le gouvernement propose des mesures telles que des fouilles intégrales après tout contact avec l’extérieur, des parloirs équipés d’hygiaphone ou encore un accès limité au téléphone. Les détenus pourraient y être affectés sur décision du garde des Sceaux pour une durée de quatre ans, renouvelable. Ces dispositions ont été dénoncées par l’Observatoire international des prisons, qui les juge "attentatoires aux droits fondamentaux". Le Syndicat de la magistrature (SM, classé à gauche) a décliné une invitation à déjeuner hier avec Gérald Darmanin, déplorant dans une lettre ouverte l’absence de "consultation préalable des organisations représentatives" pour son plan "narcoprison". Le SM avait été invité "avec l’ensemble des organisations syndicales pénitentiaires et de magistrats, sans ordre du jour, ni autre élément de contexte", écrit dans une lettre ouverte Judith Allenbach, présidente du Syndicat de la magistrature. Et ce, "pour le lendemain de votre présentation du plan " narcoprison" devant la commission des lois de l’Assemblée nationale, pour lequel vos services n’ont initié aucune consultation préalable des organisations représentatives", regrette le syndicat.

La Provence - le 6 mars 2025


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