« Nous avons besoin de moyens humains »

Sénateur (PCF) des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi a lancé l’Appel de Marseille et obtenu une commission d‘enquête face au narcotrafic. Il réclame plus de moyens humains pour la détention.


• Propos recueillis par Y.S.

La Marseillaise : Comment lutter contre l’influence du narcotrafic en prison ?

Jérémy Bacchi : Il y a des dispositifs de brouillage, compliqués à mettre en œuvre mais qui nécessitent qu’on s’y attelle. Il faut aussi une réflexion sur la vocalisation, sur la localisation des détenus en fonction de leur crime ou délit. Mais c’est avant tout l’humain qui est en capacité de répondre aux besoins de sécurité et de lutte contre le narcotrafic depuis les prisons.

Dans le même temps, la population carcérale bat des records...

J.B. : Il m’est arrivé, au cours des derniers mois, de faire des visites inopinées dans des établissements pénitentiaires et je regrette cette surpopulation. On oublie souvent ce que la prison a pour vocation : c’est un lieu de privation de liberté pour sanctionner, mais c’est aussi un lieu où on doit préparer la réinsertion dans la société. Comment voulez-vous, dans les conditions actuelles, que la prison continue de jouer ce rôle ? Elle ne joue qu’un rôle de privation de liberté dans des conditions de plus en plus dramatiques. Si on veut une société qui lutte efficacement contre la récidive, il faut réfléchir aux conditions d’accompagnement des détenus.

Comment faire ?

J.B. : Le meilleur moyen pour que les établissements ne soient pas surpeuplés, c’est de préparer la sortie. S’il y a moins de récidives, il y a moins de détenus. Mais les professionnels survolent à peine l’accompagnement social, faute de moyens. On a besoin de moyens humains ! Ce sont des moyens donnés à la société pour éviter qu’il n’y ait plus de crimes et de délits.

Propos recueillis par Y.S.

La Marseillaise - le 17 mars 2025

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