Un syndicat pénitentiaire alerte Gérald Darmanin

Le Syndicat autonome pénitentiaire des surveillants a écrit au garde des Sceaux le 20 mars, réclamant des « mesures rapides » pour le centre pénitentiaire.

• E.B.-G.

Les alertes lancées par les agents pénitentiaires de Luynes continuent (nos éditions des 5 et 17 mars). Le 20 mars, le Syndicat autonome pénitentiaire des surveillants (SPS) a saisi par voie de courrier le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, pour détailler l’état de surpopulation carcérale de la prison et donner l’alerte sur les conditions de travail des agents. Rappelant l’homicide du 24 février, le courrier pointe un quartier d’accueil et d’évaluation «devenu un dortoir insalubre », un « abandon total des agents », des « livraisons par drones incontrôlables » et une surpopulation carcérale atteignant les 170%. « En 6mois, on a pris près de 250détenus en plus. Ça incarcère, ça incarcère, mais ça ne désengorge pas. Les détenus stagnent sur place, on a des condamnés à perpétuité qui sont là depuis avril 2023», détaille Mathieu Cailleteau, secrétaire local du SPS-CEA pour le centre pénitentiaire de Luynes. « Tout ça avec 24agents en arrêt maladie. On a eu un meurtre en cours de promenade dont on s’est quand même rendu compte douze minutes plus tard! On a beau alerter au niveau interrégional, à la Direction de l’administration pénitentiaire (DAP), on n’est pas écoutés. La direction de la prison essaie d’alerter aussi mais sans retour», ajoute-t-il. Et de lister les conséquences : « Doublement du nombre de détenus par cellule », « des parloirs et des étages entiers parfois laissés de surveillance».

« On va rebloquer si ça continue comme ça »

Le tout «dans un contexte d’hyperviolence», insiste Mathieu Cailleteau, avant d’affirmer : « C’est ingérable. On n’en peut plus, on espère avoir des mesures rapides et sur le long terme.» «On a bloqué la prison début mars et rien n’a changé. On va rebloquer dans quelques jours si ça continue comme ça», prévient le syndicaliste.

« La situation est devenue explosive », affirme explicitement le courrier au ministre où le syndicat estime qu’un « effondrement » est « inéluctable». Les revendications portent sur « le comblement rapide des 58agents manquants », « le paiement intégral des heures supplémentaires sans les reporter sur le trimestre suivant », « un plan d’urgence pour désengorger l’établissement » et « un suivi médical et psychologique renforcé pour les agents ».

E.B.-G.

La Marseillaise - le 24 mars 2025

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