Le caïd corse s’estime victime de traitements inhumains et dégradants et dénonce 50 transfèrements depuis 2001.
MARSEILLE - Mariani porte plainte contre la pénitentiaire - Le caïd corse s’estime victime de traitements inhumains et dégradants et dénonce 50 transfèrements depuis 2001. @laprovence pic.twitter.com/QIByLmuum1
— framafad paca corse (@WaechterJp) January 22, 2025
Incarcéré depuis le 27 septembre 2001, Jacques Mariani, 59 ans, a déposé une plainte contre "X pouvant être tout agent de l'administration pénitentiaire" et contre le directeur des services pénitentiaires, Guillaume Gras.
Dans sa plainte, que La Provence a pu consulter, celui qui est présenté comme l'un des héritiers de la bande criminelle corse de la Brise de mer, dénonce cinquante transfèrements ces vingt-trois dernières années, dont quatre depuis avril 2024 mais aussi des conditions de détention constitutives d’un mauvais traitement et la violation de ses droits. Détenu au centre pénitentiaire Sud-Francilien depuis décembre 2022, le caïd avait été transféré au centre pénitentiaire des Baumettes, à Marseille, au printemps, afin d'être jugé par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône avant d'être affecté à la maison centrale d'Arles puis au centre pénitentiaire d'Alençon-Condé sur Sarthe, le 9 décembre, à "300 kilomètres de sa famille, installée en région parisienne", précise l'un de ses conseils, Me Hedi Dakhlaoui. D'après lui, si l'impossibilité du retour de Jacques Mariani au centre pénitentiaire Sud-Francilien a été justifiée par "le fait que deux détenus d'origine marseillaise auraient projeté, sur contrat, de porter atteinte à son intégrité physique", celle-ci traduit, pour le détenu, "une volonté délibérée de l'administration pénitentiaire et de ses représentants de l'isoler et le priver de son droit au maintien des liens familiaux" .
Jacques Mariani, trente-sept ans de détention au compteur, a récemment bénéficié d’une confusion de peines et serait libérable début 2028. Mais des peines de deux et dix ans de prison, frappées d'appel, pèsent toujours au-dessus de sa tête, prononcées dans le cadre du procès de l'évasion de Redoine Faïd et du double assassinat de Bastia-Poretta. Le célèbre détenu sera par ailleurs jugé dès le 27 janvier pour "association de malfaiteurs" par le tribunal correctionnel de Marseille, dans le cadre du procès dit "du hangar".
Marine STROMBONI
LA PROVENCE, le 20 janvier 2025